Jacques Villette: Pour la réhabilitation de Maurice Papon
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Aristide de Sousa Mendès

Le juste de Bordeaux

Informations reprises du livre de Josè-Alain Fralon

    Né le 19 juillet 1885

    En 1932, son frère jumeau César est Ministre des Affaires étrangères du premier gouvernement Salazar.

    Marié à une cousine germaine, il en eut 14 enfants, mais deux sont décédés en 1940 ; les plus jeunes survivants ont, par ordre croissant d'age : Jao Paulo, 8 ans ; Louis Felippe, 12 ans ; Sébastien 18 ans. L'aîné a 30 ans et d'autres sont mariés. Sa maîtresse, Andrée Cibial, 32 ans, est enceinte de lui.

    Consul à Bordeaux en 1940, il a mis sa famille à l'abri au Portugal, et seuls deux fils sont restés avec lui à Bordeaux : José 28 ans et Pedro Nuno 20 ans.

    Lors de la débâcle, il désobéit à sa hiérarchie et attribut de nombreux visas d'entrée au Portugal (qui permettent de traverser l'Espagne suivant les accords de l'époque) sans autorisation. Il invite d'autres consuls sous ses ordres (Bayonne et Toulouse) à faire la même chose.

    Parmi les personnes qu'il aide ainsi à quitter la France où leur avenir est mis en danger par l'arrivée des Nazis, le Rabbin Jacob Kruger de Anvers, où de Sousa Mendès a été consul général en 1929.

    Il quitte définitivement Bordeaux le 8 juillet 1940. Déjà, le 4 juillet, une enquête administrative a été ouverte, et il est placé en demi-solde pour un an, puis il est mis en retraite anticipée. Il a alors 55 ans.

    Sa femme Angelina étant décédée le 16 août 1948, il épouse sa maîtresse Andrée Cibial le 16 octobre 1949. Il décède le 3 avril 1954.

    Il est réhabilité en 1988. Ses enfants, dont plusieurs sont devenus américains, ont beaucoup œuvré pour faire connaître son histoire, et des instances juives américaines ont mis la pression sur le gouvernement portugais.

    Mario Soares inaugure un buste de Aristide de Sousa Mendès à Bordeaux le dimanche 29 mai 1994.

    Analyse :

    Il est certain que le personnage, brave homme au demeurant, a été monté au nues pour mieux condamner Maurice Papon. Alors que de Sousa Mendès a quitté Bordeaux presque 2 ans avant que Maurice Papon y arrive, le nom de Papon est cité deux fois dans le livre.

    Quand Maurice Papon donnait une seule fausse carte d'identité, il risquait sa vie, alors que Sousa Mendès, pour quelques milliers de Visas, ne risquait que ce qu'il lui est arrivé : être mis en retraite anticipée à l'age de 55 ans.

    L'auteur précise que Aristide de Sousa Mendès finit sa vie très gêné financièrement. Il l'était déjà avant 1940, mais alors son frère César l'aidait. Il est possible que son frère soit devenu moins généreux après qu'Aristide eut abandonné une épouse dont il avait eu 14 enfants pour une autre femme de 22 ans sa cadette, ce qui n'était alors pas admis dans leur milieu. Trois enfants d'Aristide avaient épousé des cousins, enfants de César.